Robert Prévost a marqué l’histoire de la nage synchronisée en étant membre du premier duo mixte canadien de nage synchronisée à participer au championnat du monde de 2015.

Robert Prévost, entraîneur-chef au Club aquatique de l’est de Montréal (CAEM), est un pionnier. Il est l’un des rares hommes à pratiquer la nage synchronisée. Rencontre avec un athlète de haut niveau qui a fait sa marque dans un sport encore traditionnellement féminin, mais qui tend à évoluer.

Les premiers championnats du monde de nage synchronisée se sont tenus en 1973 à Belgrade, en Yougoslavie. À l’époque, seules les femmes pouvaient y prendre part.

Il aura fallu attendre jusqu’en 2015, avant qu’un premier championnat du monde ne fasse une petite place aux hommes, en tenant une première épreuve de duo mixte de nage synchronisée.

M. Prévost s’en souvient très bien puisqu’il était de l’aventure.

«J’étais à la retraite depuis une dizaine d’années. Le Canada poussait très fort pour que les hommes soient admis à des compétitions de nage synchronisée. J’ai repris l’entraînement intensif à deux mois de l’événement.»

Le duo termine en septième position. Deux ans plus tard, en 2017, l’athlète récidive. L’équipe complète l’épreuve au sixième rang des programmes libre et technique.

Conjuguer les entraînements avec la vie professionnelle, personnelle et après une longue absence de la compétition, il avoue que c’était tout un défi en y repensant.

Mais il ne regrette pas. Après tout, il est devenu l’un des 10 premiers compétiteurs au monde à marquer l’histoire de la nage synchronisée.

Aux Jeux olympiques, les épreuves de nage synchronisée sont toujours réservées aux athlètes féminines pour le moment.

La présence de compétiteurs masculins a toutefois fait l’objet de diverses discussions.

«On en parle, mais ce n’est pas encore fait. Cela arrivera sûrement un jour», croit M. Prévost.

Mais ce sera sans lui. Approchant la quarantaine, l’athlète est retourné à son rôle d’entraîneur-chef. Il se plaît dans cette fonction et cela lui permet de vivre de sa passion. Une transition qui est venue naturellement.

«La nage synchronisée c’est un sport technique, complexe et qui évolue sans cesse. Je ne me voyais pas faire du 9 à 5. Depuis l’âge de 12 ans que je fais de la nage synchronisée. C’est ce que je connais le mieux.»

Et ce n’est pas ses athlètes qui s’en plaignent.

«Il est exigeant, mais il respecte nos limites. Il a beaucoup d’expérience. Avec lui « no drama »», soulignent à l’unisson ses jeunes protégées de l’équipe senior.

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